top of page

Négociations salariales 2026 : l’envers du décor

  • il y a 3 jours
  • 3 min de lecture

Incompréhension, déception, colère : ce sont les sentiments le plus souvent exprimés par grand nombre de salariés à l’issue de ces NAO.

Jamais nous n’avions reçu autant de réactions de salariés, toutes catégories confondues.

Pour autant, pour les acteurs que nous sommes, l’issue de cette « négociation » n’est pas une surprise. Elle est l’expression d’un rapport de force entre deux visions profondément divergentes de la situation des salariés de la MFPM.


Une vision prioritairement financière côté Direction


D’un côté, dans la cabine de pilotage, une Direction clinique, guidée avant tout par les indicateurs financiers :

  • une masse salariale française de 1,5 milliard d’euros qui ne baisse pas,

  • des coûts salariaux et énergétiques élevés par rapport à d’autres pays,

  • une inflation qui a fortement ralenti (0,8% en 2025),

  • des résultats financiers dégradés de la MFPM, saignés à blanc par les sempiternelles restructurations et le port des charges du Groupe.


A ce contexte s’ajoute des ressources contraintes au niveau du Groupe en raison d’un profit warning qui a coûté cher, très cher même : 416 Millions d’euros de rachats d’actions de plus qu’annoncés lors de la publication des résultats du premier semestre pour enrayer la chute du cours de bourse.

Taxés à 8%, cela représente une dépense totale pour le Groupe de 450 Millions d’euros.

Et une décision logique qui s’impose donc d’elle-même (et qui en appelle d’autres ?) : à défaut de pouvoir légalement baisser les salaires, il faut encadrer la masse salariale.

Comme trop souvent, de négociation, la réunion n’en n’a porté que le nom.

La feuille de route était écrite d’avance. La Direction assume sans état d’âme des salaires médians inférieurs au marché.

« Les chiens aboient, la caravane passe. »


Une vision prioritairement humaine côté syndicats


De l’autre côté, les organisations syndicales, élues, et présentes sur le terrain.

Elles vivent au quotidien :

  • les délocalisations,

  • la sous-activité,

  • le désarroi de certains services,

  • la déshérence de centaines de salariés en mission, parfois sans perspectives claires.


Elles constatent aussi, année après année, des résultats Groupe élevés et un retour aux actionnaires qui s’envole, dans des conditions presqu’indécentes : 87% du résultat net 2024 rendus aux actionnaires en 2025.

Comme d’habitude, SUD a porté des propositions en lien avec les attentes exprimés des salariés.

Et comme d’habitude, nous nous sommes entendus dire :

« Circulez, y a rien à négocier. »

Avec, cette fois, une question douloureuse mais légitime qui remonte du terrain :

« A quoi vous servez les syndicats ? »


Un dialogue social vidé de sa substance


1. La fin des illusions sur les 3P

Il fait voler en éclats les dernières illusions de celles et ceux qui croyaient encore en une possible approche équilibrée entre Profit People et Planet.

Dans la réalité :

  • le Profit prime avant tout : profit first ;

  • le People n’est devenu qu’une variable d’ajustement au service de ce Profit ;

  • les « Icare » ou « I have a dream » ne servent que d’habillage.

Quant à la Planète, si des efforts ont été faits sur les scopes 1 & 2, il reste beaucoup de chemin à parcourir sur le Scope 3, de très loin le plus fort émetteur de CO2.

2. Le renforcement de l’unité syndicale

Le second mérite d’avoir soudé les organisations syndicales entre elles.

Face au rouleau compresseur de la Direction, nous sommes déterminés à résister et agir unitairement, avecles moyens dont nous disposons.

Un pot de fer contre un pot de terre, mais sans résignation.

SUD prendra toute sa part dans ce combat.


Nicolas ROBERT – DSC SUD

Commentaires


  • Instagram
  • Facebook
  • Linkedin
logosud_edited.png
télécharger_edited.png

Rue Gabriel Péri

63000 Clermont-Ferrand

Tél : 06-59-71-20-18

© 2023 par Daniel GOMES. 

bottom of page