Maintenance : un métier en tension et un enjeu majeur pour Michelin
Dans nos sites industriels, la maintenance est indispensable au bon fonctionnement des installations. Mécaniciens, électrotechniciens, automaticiens, techniciens de maintenance… sans leurs compétences, pas de performance industrielle durable.
Pourtant, ces métiers sont depuis plusieurs années en tension. Et le problème dépasse largement Michelin : l'industrie peine à attirer et surtout à conserver les jeunes issus de ses propres filières de formation.
Dans le même temps, la concurrence entre entreprises pour attirer les profils techniques disponibles est forte. Certaines viennent aujourd'hui directement chercher nos mainteneurs. Et lorsqu'elles les recrutent, leurs arguments sont concrets : salaires plus élevés, horaires plus attractifs et parfois d'autres avantages, comme un véhicule de fonction.
Des compétences longues à acquérir
Chez Michelin, former un nouvel agent de maintenance demande du temps. Aux formations initiales, souvent longues avant d'acquérir une réelle autonomie, s'ajoute ensuite un besoin permanent de formation pour accompagner l'évolution des machines, des technologies et des process.
Perdre un agent expérimenté, ce n'est donc pas simplement perdre un salarié qu'il suffirait de remplacer. C'est perdre des compétences, une connaissance des installations et un savoir-faire qui peuvent demander plusieurs années à reconstruire.
Un premier pas avait été réalisé il y a quelques années avec le passage de certains agents de maintenance au statut collaborateur. Une reconnaissance nécessaire, mais qui n'est aujourd'hui plus suffisante face aux tensions que connaissent ces métiers.
Attirer, mais surtout donner envie de rester
Dans un marché aussi concurrentiel, Michelin doit s'interroger sur sa propre attractivité.
La question salariale en fait évidemment partie. Les dernières NAO n'ont pas favorisé la fidélisation, certains salariés ayant pu connaître deux années sans augmentation individuelle.
Salaire, horaires et organisation du travail, reconnaissance des compétences, conditions de travail, formation et perspectives d'évolution : l'attractivité ne se décrète pas, elle se construit.
Il y a surtout un paradoxe : investir pendant plusieurs années dans la formation et la montée en compétences d'un salarié pour finalement le voir partir chez un autre employeur faute d'avoir su le fidéliser n'est satisfaisant ni humainement, ni industriellement, ni économiquement.
SUD alerte depuis de nombreuses années
Cette situation n'est pas nouvelle. Depuis de nombreuses années, SUD alerte l'entreprise sur les difficultés de recrutement et de fidélisation dans les métiers de la maintenance. Ces tensions avaient notamment été soulevées lors des négociations GEPP de 2022.
Depuis, loin de s'atténuer, ces tensions ne cessent de s'intensifier, alors même que les installations évoluent, s'automatisent et nécessitent des compétences techniques toujours plus pointues.
SUD interpelle donc une nouvelle fois Michelin sur cet enjeu majeur. La GEPP doit certes anticiper les besoins, les recrutements, la formation et la transmission des savoir-faire. Mais face aux difficultés rencontrées et à la concurrence croissante entre entreprises pour attirer ces compétences, Michelin doit aujourd'hui apporter des réponses concrètes pour renforcer l'attractivité et la fidélisation des métiers de la maintenance.
Il ne s'agit plus seulement de constater les difficultés, mais de définir une véritable stratégie pour attirer, reconnaître et conserver ces compétences indispensables à notre activité industrielle.
Pour SUD, le constat est désormais posé. Nous attendons maintenant de l'entreprise qu'elle ouvre réellement ce sujet et mette sur la table des solutions à la hauteur de l'enjeu.
Car avant de chercher toujours plus difficilement des compétences à l'extérieur, Michelin doit aussi se donner les moyens de conserver celles qu'il possède déjà.

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