Florent Menegaux sur TF1 : ce qu’il faut retenir
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Concurrence internationale, compétitivité, suppression de 1 500 postes en France… Retour sur les principaux messages du président de Michelin et les questions qu’ils soulèvent pour les salariés.
Dans une interview accordée à TF1, Florent Menegaux, président de Michelin, estime que l’industrie européenne est confrontée à une concurrence de plus en plus forte. Il pointe notamment le coût de l’énergie, la fiscalité, la réglementation et les écarts de compétitivité avec certains pays comme l’Inde.
Sur ces constats, il est difficile de nier que l’industrie française évolue dans un environnement de plus en plus concurrentiel. Les différences de coûts de production, les politiques commerciales de certains pays et les défis énergétiques sont des réalités auxquelles sont confrontées les industriels européens.
Mais derrière ce discours sur la compétitivité, une question essentielle demeure :
Comment répondre à ces difficultés sans faire peser l’essentiel des efforts sur les salariés ?
Depuis plusieurs années, les équipes Michelin vivent une succession de réorganisations, de transformations des métiers, d’objectifs de productivité toujours plus ambitieux et, dans certains cas, de suppressions d’emplois. Dans cette interview, Florent Menegaux revient d’ailleurs sur le projet de suppression de 1 500 postes en France d’ici 2029, qu’il présente comme une adaptation nécessaire de l’entreprise.
Pour SUD, cette réponse ne peut pas être la seule.
Les salariés entendent ce discours depuis des années. À chaque transformation, à chaque réorganisation, à chaque plan d’économies, la compétitivité est invoquée.
Oui, l’industrie européenne doit être défendue. Oui, les règles commerciales internationales doivent être plus équilibrées. Oui, les enjeux industriels méritent effectivement d’être au cœur du débat public. Mais ils doivent intégrer une dimension sociale forte. Défendre l’industrie ne peut pas se limiter à demander des efforts aux salariés ou à réduire les effectifs. Les salariés ont déjà largement contribué aux efforts demandés ces dernières années.
La compétitivité ne doit pas devenir un mot-valise pour justifier toutes les difficultés rencontrées par l’industrie.
Pour SUD, la performance durable passe aussi par l’emploi, les compétences, les conditions de travail et un dialogue social qui permette réellement d’influencer les décisions. C’est à ces conditions que Michelin pourra concilier réussite économique et responsabilité sociale.
La compétitivité est un enjeu réel, mais elle ne pourra être durable que si les salariés, qui sont les premiers acteurs, sont aussi considérés comme la première richesse de Michelin.
Nicolas ROBERT
Délégué syndical central

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