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Déclaration des élus SUD au CSEC

il y a 20 heures
3 min de lecture

Lorsque la Direction a présenté son projet pouvant conduire à la suppression de 1 500 postes en France sur trois ans, SUD avait clairement exprimé son opposition.

 

Nous ne contestons pas les transformations auxquelles Michelin doit faire face : évolution des marchés, concurrence internationale, nouvelles technologies et transformation des métiers.

Mais reconnaître ces réalités ne signifie pas accepter que ce projet de suppression de postes soit la réponse.

 

Au terme de cette information-consultation, notre position n’a pas changé. La Direction ne nous a pas convaincus de la nécessité d'une telle réduction des effectifs.

 

Derrière ces 1 500 postes, il y a d'abord des salariés qui vont devoir s'interroger sur leur avenir professionnel. Certains verront leur poste disparaître, d'autres leur métier profondément évoluer. Ils devront envisager une mobilité, une reconversion ou un départ de l'entreprise.

 

Mais notre préoccupation concerne tout autant ceux qui resteront. Car supprimer un poste ne signifie pas nécessairement supprimer le travail qui va avec.

 

Quelles seront demain les conséquences sur la charge de travail, les responsabilités, les périmètres d'activité et le fonctionnement des équipes ?

 

La Direction nous parle de « renoncement », c'est-à-dire de la nécessité d'abandonner certaines activités lorsque les moyens diminuent. Sur le principe, nous ne pouvons qu'être d'accord. Mais dans les faits, nous avons trop rarement vu ce renoncement se traduire concrètement dans les organisations. Trop souvent, le travail est redistribué et les périmètres de responsabilité s'élargissent.

 

Si Michelin veut faire du renoncement un principe de cette transformation, il devra cette fois se traduire concrètement dans la charge de travail des salariés.

 

Cette vigilance est d'autant plus nécessaire que SUD avait alerté, avant même l'annonce de ce projet, sur les risques psychosociaux et sur la nécessité de renforcer la prévention. Les transformations à venir ne doivent pas fragiliser davantage les collectifs ou dégrader les conditions de travail. La prévention doit intervenir en amont, et non lorsque les difficultés sont déjà installées.

 

Nous sommes également préoccupés par la perte de compétences et d'expertise. Dans de nombreux métiers, elles se construisent au fil des années et reposent autant sur les connaissances que sur l'expérience et la connaissance de l'entreprise. Ces compétences ne se remplacent pas du jour au lendemain.

 

Ce projet nous interroge aussi sur la manière dont Michelin pilote ses effectifs. Dans le cadre de la négociation GEPP, la Direction nous a présenté le Talent Planning comme un outil permettant d'anticiper les évolutions des métiers, des compétences et des besoins futurs. Pour SUD, il doit permettre de favoriser les mobilités et les reconversions, mais aussi de mieux cadrer les recrutements pour éviter de créer des déséquilibres que l'entreprise chercherait quelques années plus tard à corriger par de nouvelles suppressions de postes.

 

C'est ce que nous attendons d'une véritable GEPP : anticiper plutôt que corriger après coup.

 

Enfin, ce projet s'inscrit sur trois ans. Personne ne peut savoir précisément aujourd'hui quels seront les marchés, les volumes et les besoins en compétences de Michelin à cet horizon.

 

Pour SUD, les 1 500 postes annoncés doivent rester un plafond et ne jamais devenir un objectif à atteindre. 

 

Nous rappelons un engagement essentiel : aucun salarié ne doit être contraint de quitter l'entreprise. Le volontariat doit rester une ligne rouge.

 

Notre position est donc claire : la nécessité de supprimer jusqu'à 1 500 postes n'a pas été démontrée. Les élus SUD ont donc voté contre ce projet.

 

Ce vote ne nous empêchera pas de poursuivre les négociations GEPP/RCC pour défendre ceux qui partiront, accompagner ceux dont le métier évoluera et protéger ceux qui resteront.

 

La réussite d'une transformation ne se mesure pas seulement au nombre de postes supprimés, mais aussi à la capacité de l'entreprise à préserver les compétences, les conditions de travail et la santé de celles et ceux qui continueront à la faire fonctionner.

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