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Déclaration au CSEC du 10 juin 2026

  • 10 juin
  • 2 min de lecture

Le 28 mai dernier, Michelin a annoncé son intention de supprimer 1 500 postes en France sur la période 2027-2029.


Les élus SUD condamnent fermement cette décision.


Cette annonce constitue l'une des plus importantes réductions d'effectifs envisagées ces dernières années dans notre entreprise. Elle intervient après une succession ininterrompue de réorganisations, de restructurations et de suppressions de postes qui ont déjà profondément transformé les conditions de

travail et le fonctionnement des équipes.


Depuis des années, les salariés entendent le même discours. Il faudrait être plus agiles. Il faudrait être plus compétitifs. Il faudrait gagner en efficacité.

Les salariés ont répondu présents. Ils ont accepté les changements d'organisation. Ils ont absorbé les départs. Ils ont pris en charge davantage de missions. Ils ont maintenu l'activité, les résultats et la performance du Groupe.


Malgré tous ces efforts, la réponse apportée par la direction est encore la suppression de 1 500 emplois.


Combien de suppressions de postes seront encore nécessaires avant que la direction considère que les efforts demandés aux salariés sont suffisants ? Combien de réorganisations faudra-t-il encore imposer aux équipes ? Combien de compétences l'entreprise est-elle prête à perdre au nom de cette logique de

compétitivité ? Car c'est bien de cela qu'il s'agit.


Depuis plusieurs années, les gains de productivité s'accumulent. Les effectifs diminuent. Les charges de travail augmentent. Les exigences s'intensifient. Et pourtant, cela ne semble jamais suffire.


Depuis des années, chaque réorganisation est présentée comme la solution permettant de gagner en efficacité et d’adapter l’entreprise à ses enjeux. Pourtant, quelques années plus tard, la direction revient avec les mêmes constats et les mêmes réponses : supprimer des postes et réorganiser les équipes. Pour

SUD, cette répétition permanente révèle surtout les difficultés de Michelin à gérer durablement ses effectifs, ses compétences et son organisation du travail.


À ce stade, la direction présente des chiffres. Les salariés, eux, voient déjà les conséquences.


Ils voient des équipes fragilisées. Ils voient des savoir-faire qui disparaissent. Ils voient des collègues qui s'interrogent sur leur avenir. Ils voient une entreprise qui demande toujours davantage à ceux qui restent tout en réduisant continuellement les moyens humains.


Pour SUD, il n'est pas possible de considérer la suppression de 1 500 postes comme un simple ajustement organisationnel. Il s'agit d'un choix stratégique majeur.


Nous refusons que cette décision soit présentée comme une évolution naturelle ou inévitable. Ce sont des choix qui sont faits. Et lorsque des choix ont un tel impact, ils méritent d'être questionnés, débattus et contestés.


Les salariés de Michelin ne sont pas des indicateurs de performance. Ils ne sont pas des coûts à réduire.


Ils ne sont pas une variable d'ajustement. Ils sont la richesse de cette entreprise. Ce sont eux qui conçoivent, innovent, produisent, vendent, accompagnent les clients et permettent chaque jour au Groupe de fonctionner.


Aujourd'hui, les élus SUD tiennent à exprimer leur solidarité avec l'ensemble des salariés qui seront concernés. Ils tiennent surtout à rappeler une évidence que les tableaux de bord et les plans de transformation finissent parfois par faire oublier : derrière les 1 500 postes que Michelin prévoit de supprimer, il y a 1 500 femmes et hommes, 1 500 parcours professionnels, 1 500 vies. Et aucune stratégie d'entreprise ne devrait perdre cela de vue.

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© 2023 par Daniel GOMES

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